Autobiographie

Des sectes à l'Avatar

aux Editions Publibook

http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782748341065

QUATRIEME DE COUVERTURE


Deux amis conversent, l’un demande à l’autre, l’autre raconte à l’un son histoire de pas comme un autre, l’éden trop court de la prime enfance, cette solitude naturellement peuplée d’un compagnon de rêve : Jésus Bon Dieu. Mais la maison de grâce devient bientôt une autre maison, sans grâce, du village et le village, une petite ville et la petite ville, une grande ville et la grande ville, un pays et le pays, d’autres pays. Il Le perd de plus en plus, il Le cherche de plus en plus son seul vrai compagnon par-delà ses trop visibles toujours plus nombreux et si rarement semblables qu’il lui faut côtoyer de famille en écoles, de plus en plus hautes, et d’écoles en armée, travail, amour, hôpital…autant de conditionnements ordinaires, de prisons ordinaires Aussi brèves que fortes retrouvailles à onze ans quand son Jésus Bon Dieu prend la voix du curé pour lui dire : « Tu as la vocation ». Réponse sans réponse à l’appel profond , en réplique la mort sur pied, nerveuse à dix-huit ans : drogué à son insu à l’université. Dès lors n’y a plus qu’à chercher hors piste, désespérément le miracle de la guérison et de la résurrection, jusqu’au fond même de deux sectes, de deux super conditionnements super mirages. La libération néanmoins, en deux temps, partielle par ce couple transcendant, positivant, révélateur, notamment d’incarnations, chocs à l’endroit, préparant le bouleversement total final, la rencontre de l’Avatar !

PRECISIONS


Rédiger les trois mille pages de départ a pris sept ans. Après bien des voyages sans retour le tiers d’entre elles a fini par trouver grâce auprès d’un éditeur, numérique, sept ans plus tard.
En somme et quitte à quasi paraître plaisanter, il ne s’agit donc jamais là que d’un petit condensé du tome I de mes aventures pour peu du moins que je n’en aie pas encore tout à fait terminé avec la présente incarnation. Sans compter que pour n’être qu’un dialogue entre deux bons apôtres, toute cette prose n’est pas aussi longue à lire qu’il pourrait sembler de prime abord, ni non plus bourrée de « je » jusqu’à l’autoextase.
Ce que je puis encore mentionner sans déflorer le suspense, c’est que le titre n’est pas raiment représentatif de l’ensemble de l’écrit. Des sectes, oui, deux en tout cas, sinon plus, beaucoup plus même, à y regarder de près... Par contre, seules les dix dernières pages “happy-end” évoquent l’Avatar, ajoutées in extremis, et pour cause, je venais seulement de faire cette extraordinaire rencontre. Venant après d’autres souvent beaucoup moins heureuses, j’ai certes pu juger en connaissance de cause et, on ne peut mieux, boucler la boucle, partant, donner son titre le plus juste à une narration qui a peut-être son utilité. En effet la paix intime désormais, jusque sous les pires dehors, preuve qu’après avoir accumulé errances, erreurs et perditions à longueur d’océan Illusion ma conscience accoste enfin au port du vrai…

EXTRAIT

Chapitre XV SS3 page 643

PHILIPPE - Tout est donc en place pour une nouvelle corrida SuperSectaire, et remarque bien, je mets une majuscule à présent aux deux S de mon nouvel adjectif.
THOMAS - Tant que c’est oral, ça ne se voit pas tellement, mais note que moi je veux bien puisqu’une corrida, c’est une fête après tout.
PHILIPPE - Oui, une bien triste fête en fait, bien terrestre surtout, si commune même !
THOMAS - Je vois, je ne suis pas idiot : si je ne retiens que ton double S majuscule, j’en suis tout de suite à me rappeler des choses dont je ne voudrais pas me rappeler.
PHILIPPE - Hélas férocement actuelles comme jamais, j’en réponds ! Car telles sont bien les SS, les SuperSectes, fêtes du sang versé s’il en est ! Et quand bien même celui-ci le serait-il, en l’occurrence, tellement plus à l’état spirituel que physique qu’il ne s’agirait pas moins de véritables tauromachies, où, hélas, c’est toujours la bête qui triomphe de l’humain.
THOMAS - C’est gai !
PHILIPPE - Et surtout vrai : la deuxième guerre mondiale ne fut ainsi qu’une illustration à échelle mondiale du rituel sacrificiel sanglant permanent dont cette humanité est l’objet. De la grande roue qui broie inexorablement les terrestres, les SuperSectes constituent assurément le moyeu quand ce que j’appelle, moi, les sectes, soit les institutions et processus ordinaires de conditionnement, n’en sont que les rayons.
THOMAS - Plus le mouvement est central, plus il est intense.
PHILIPPE - Chaînes du froid, bien plus encore que de vélo : la terre n’est qu’une gigantesque boucherie nourricière de ses dieux, bien locaux.
THOMAS - Les sacrifices humains n’ont donc jamais cessé ?
PHILIPPE - Les grands prêtres incas, pour ne citer qu’eux, firent simplement les choses de manière plus voyante et plus officielle.
THOMAS - C’est vrai que, comparativement, nos deux dernières guerres mondiales n’ont pas, si j’ose dire, à rougir de leurs résultats, loin s’en faut même !
PHILIPPE – Bien affichés, au sommet de leur art, comme sans retenue même, les grands prêtres de la deuxième, les seigneurs de la guerre par excellence, toutes orthographes confondues...
THOMAS - Ah oui les noirs saigneurs de la guerre, ceux qui par excellence font saigner, les SS, nous y revoilà !
PHILIPPE - Seule différence de départ, vu la chute du sentiment religieux, il fallut trouver un autre adjuvant, un autre moyen d’entraîner le bétail humain à l’abattoir.
THOMAS - A savoir l’élan patriotique : très efficace lui aussi, j’en conviens !
PHILIPPE - Simple besoin naturel de ses éleveurs à la base : comme toi tu bois de l’eau pour étancher ta soif, les human-boys de notre western planétaire, nos maîtres vampires boivent notre sang pour étancher la leur, au plus épicé de souffrance pour bien faire, cette autre forme d’aliment énergétique, et, dois-je me répéter ? les restaurants les plus sélects de cette sorte servent de préférence sous sa forme la plus pure, directement assimilable, le sang des bêtes humaines.
THOMAS - Et toi tu te retrouvas au menu de l’un d’eux.
PHILIPPE - Mais ce n’est que bien longtemps après que je pus évaluer à quel point j’y avais été vidé de mon sang le plus noble, d’une bonne part de mon essence intrinsèque !
THOMAS - Et la fête, la gigantesque corrida continue ?
PHILIPPE - Il n’y a jamais eu autant de taureaux, et les veaux sont privilégiés.
THOMAS - Chair fraîche.
PHILIPPE - Sang frais, le meilleur pour la santé.
THOMAS - Tu es presque cynique.
PHILIPPE - Comment exprimer une réalité aussi banale, hélas, qu’inconcevable ?
THOMAS - La Terre ne serait donc qu’une ferme d’élevage d’animaux humains, de consommation courante, au même titre que nous-mêmes, un échelon plus bas, élevons des animaux animaux.
PHILIPPE - Et comme il y a de vastes usines à viande standard il y a les petites entreprises qui font dans la qualité.
THOMAS - Comme qui dirait bio, tes artisanales de SuperSectes !
PHILIPPE - Cannibalisme de haute volée, par-dessus tous les autres ! Au moins j’ose désormais regarder en face la réalité terrestre, si peu ragoûtante soit-elle.
THOMAS - Au moins tu sais, toi, que tu es mangé, et à quelle sauce en plus !
PHILIPPE - Si onctueuse que les médias la fassent !
THOMAS - C’est trop laid pour être vrai ! Oui, comment, si j’ose encore dire, faire avaler une chose pareille ?
PHILIPPE - Nous nous la faisons présentement avaler, en osant nous la dire, c’est toujours mieux que rien.
THOMAS - Si seulement c’était visible !
PHILIPPE - C’est bien là tout notre drame : les mangeurs d’hommes ressemblent à leurs proies, sont parmi elles, parfaitement déguisés en hommes.
THOMAS - Comme quoi, c’est bien aussi le cas de le dire, nous n’avons encore rien vu ! Ainsi les fables et légendes, primitives, littéraires ou mythologiques, qui dégoulinent de sang, seraient donc vraies ? Tout ce que je vois, moi, c’est que la fin de notre triste sort n’est pas pour demain.
PHILIPPE - Sauf deus ex machina, sauf intervention d’autres étrangers à la Terre, mais bienveillants, eux, positifs.
THOMAS - Végétariens, disons.
PHILIPPE - Reste que notre passivité ne leur facilite guère la tâche.
THOMAS - La solution est d’abord en nous-mêmes ?
PHILIPPE - Elle ne devrait même être que là…
THOMAS - Dois-je comprendre aussi que les SS de SS3, y préparent en douce, sur mappemonde, à très petite échelle, la troisième guerre mondiale ?
PHILIPPE - C’est en effet ce que je pressentis moi-même quand je commençai à me retrouver, au sortir de cette terrible mésaventure, mais trêve de préambules.
THOMAS - C’est cela, terrifie-moi bien vite !
PHILIPPE - Au risque de te décevoir pourtant et d’être peu crédible à tes yeux tant les sévices maison furent avant tout psychologiques, tant la destruction y pratiquée fut, comment dire ? distinguée.
THOMAS - Pour les bains de sang, je repasserai, c’est entendu. Pendant que leurs soldats sont torturés, les généraux vaincus discutent avec leurs vainqueurs et signent un armistice, c’est toujours la même histoire…
PHILIPPE - Il y a de cela mais ce n’est peut-être pas aussi simple.
THOMAS - Ce qui est sûr en tout cas, c’est que, tel que je te connais, tu as dû foncer tête baissée et donc sexe surélevé dans le panneau, mon cher taureau.
PHILIPPE - Oui dans le troisième superpanneau du genre, qui a bien sûr, et une fois de plus, tous les superattraits de la superouverture surhumaine, divine !
THOMAS - Tu cours une fois de plus à ta perte en courant te jeter dans ce qui passe pour la clef de ton salut, l’arène d’une secte !
PHILIPPE - D’une SuperSecte, pardon...
THOMAS - Si tu veux, il faut que je m’y fasse à ton jargon. Ceci dit, tu es décidément incurable, c’est à ne plus avoir envie de chercher à te comprendre.
PHILIPPE - Moi non plus, confidence pour confidence, je ne cherche plus à me comprendre.
THOMAS - Comme je te comprends !
PHILIPPE - C’est tout l’art, il faut oser foncer sans savoir si l’on veut finir par savoir.
THOMAS - Que dois-je comprendre ?
PHILIPPE - Que n’ayant plus rien à perdre, des valeurs apparentes, je pus à l’époque, tout risquer puisque je ne risquais plus rien.
THOMAS - Apparemment du moins.
PHILIPPE - Effectivement. Pour sa part tout l’art du guru, du grand prêtre SuperSectaire, du grand sacrificateur supermatérialiste, est donc d’exposer à la devanture de son échoppe assez d’authentique inapparent pour attirer irrésistiblement le client qui en raffole.
THOMAS - Client très spécialisé lui-même, superclient, très exigeant, qui en veut pour son argent, et tout l’art est donc pour celui-ci d’arriver à repartir avec la pièce rare, tant convoitée, sous le bras.
PHILIPPE - Oui sans avoir intégralement payé, sans avoir tout sacrifié, sans avoir été totalement sacrifié, en étant toujours vivant autrement dit.
THOMAS - C’est de fait plus facile pour s’enfuir, comme un voleur ! Et tu es de ces rares privilégiés.
PHILIPPE - J’ai eu beaucoup de chance.
THOMAS - Voyons ça !
PHILIPPE - Oui, les contours dessinés, colorions à présent notre nouvel album, et d’une seule couleur à laquelle toutes les autres ramènent sur Terre, rouge sang.
THOMAS - Ca va finir par se savoir.
PHILIPPE - Travail microscopique, le travail SuperSectaire.
THOMAS - A effet macroscopique ! Somme toute, le pouvoir y est inversement proportionnel à l’espace où il s’exerce.
THOMAS - De la haute miniature, en d’autres termes, sur sujets triés sur le volet, hautement représentatifs.
PHILIPPE - Les terroristes les plus dangereux qui soient pour le désordre public, ceux-là qui ne portent pas de bombes, qui n’ont pas besoin d’en porter, doux comme des agneaux pour tout dire, on ne peut plus lamentablement pacifiques même, mais on sait s’en occuper en Supersectes ! j’en atteste.
THOMAS - Plus encore que dangereux, irritants, agaçants, ces gens qui auraient tendance à penser, par eux-mêmes, et quoi de plus frustrant, de plus démoralisant, de plus désarmant pour un combattant que d’avoir un ennemi qui ne combat pas ?
PHILIPPE - Et qui en plus s’applique à entraîner la masse à sa suite !
THOMAS - Où va-t-on si nos jeunes refusent la carrière de héros ?
PHILIPPE - Courte mais prestigieuse. De tout quoi il ressort que nos braves ogres ont intérêt à se farcir en priorité les plus récalcitrants à mijoter comme pot-au-feu dans leurs marmites.
THOMAS - D’abord cuire les plus durs à cuire.
PHILIPPE - Ensuite les autres suivront, tout naturellement, comme un seul homme.
THOMAS - Hommes de batterie eux-mêmes gavés aux poulets de batterie.
PHILIPPE –Reste que c’est enivrant de se laisser emporter, éperdu de curiosité, là où tout ne peut bien entendu être que la paix, là où tout ne peut qu’ouvrir sur la paix infiniment divine.
THOMAS - Couper au court et tout savoir, et tout avoir, et tout être avant tout le monde ! Aussi pauvre de choses que riche d’esprit, tu cours rejoindre le cercle très fermé des plus grosses fortunes spirituelles du globe !
PHILIPPE - La revanche des revanches sur le sort !
THOMAS - De revanche en revanche, de précipice en précipice !
PHILIPPE - Pour déployer mes ailes, pour m’envoler il me faut plus que l’espace connu et connaissable, il me faut le vierge de l’au-delà de l’espace, de l’au-delà des sens !
THOMAS - Pour plonger, il te faut le plus profond des abîmes !
PHILIPPE - Au plus fort de ma peur casanière, il me faut l’aventure inédite, qui ne ressemble à aucune autre, des steppes, des jungles, des montagnes, des océans de l’impalpable !
THOMAS - Plus forte que tout, comme jamais, l’ivresse orgueilleuse du premier de classe et dernier de la vie publique ! Tu en perds toute mémoire. Si peu suffit à te doper derechef, de cette drogue-là, que tu réclames à cor et à cri, que tu prétends si bien ne pas connaître, qui a un nouveau nom !
PHILIPPE - Volupté sans pareille, l’insignifiant de mon personnage du théâtre matérialiste se volatilise !
THOMAS - De rien à tout, instantanément ! Une image chasse l’autre, et la nouvelle a comme jamais des airs de réalité ! Matérialisme félon qui ne paraît se détourner que pour mieux frapper, dans le dos, sous le déguisement le plus somptueux, le plus éthéré ! Les SuperSectes changent, l’emprise démoniaque reste, s’ancre même, toujours davantage...
PHILIPPE - Merveilleuse perversion ! Je me vois même alors comme le seul vrai terroriste.
THOMAS - En toute modestie.
PHILIPPE - Autoterroriste, de ma vile matière, de mon corps de chair : je le dynamite de poudre d’esprit, il explose, il vole en éclats éblouissants, feu d’artifice gigantesque !
THOMAS - Tu t’éclates ! Méprise des méprises ! Piège des pièges ! Quand tu crois faire disparaître ton corps physique sous la montagne illimitée de ton essence, tu ne t’escrimes qu’à te faire disparaître, toi et toi seul, ton vrai toi, ton splendide potentiel divin, sous les montagnes d’illusions des nouveaux stratagèmes similidivins des voleurs d’entre les voleurs d’êtres divins.
PHILIPPE - Tout à exécrer ces bien vils huissiers qui me volent seulement ce que j’ai, je ne vois pas tous ces fieffés gurus me voler ce que je suis !
THOMAS - Hors de toi, tu cours, triomphant, à l’antiexploit le plus abject et le plus inconcevable, tu cours à la mort de ton immortelle nature quand tu crois gagner l’ineffable du surnaturel, et ton enthousiasme sans frein s’imagine partir à la conquête de l’impossible, la fulgurante sublimation alchimique de ta nature, quand c’est l’impossible machiavélique qui se veut possible, qui est tenté sur toi par les plus dénaturés des manipulateurs, ni plus ni moins que la destruction de ton indestructible nature...
PHILIPPE - Oui, à force de viol des lois de l’harmonie universelle...
THOMAS - Jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus de toi que ta misérable et méprisable enveloppe de chair d’un instant, assurément docile !
PHILIPPE - Tremblement de ciel que tes paroles inspirées, ébranlant mon reste d’être, ce qui en a été préservé malgré moi. Souffrance sans nom aussi, au réveil des plaies de mes mutilations spirituelles. Après tous ces chocs en tous sens, encore un choc, de conscience, par toi maintenant.
THOMAS - Histoire de la remettre encore un peu plus à l’endroit, ta conscience, après tous ceux-là qui la mirent à l’envers.
PHILIPPE - Quelle reconnaissance ne te dois-je pas !
THOMAS - Quelle reconnaissance ne dois-tu pas à Celui qui, continuant imperturbablement de t’aider à te sauver de toi-même, présentement m’instrumente ? Et ne tire pas cette tête tout à coup ! Admets la libre concurrence de l’interprétation du verbe, n’ajoute pas la jalousie à la pile de tes travers. Et ne tire pas celle-là non plus ! Tu n’es pitoyable qu’à tes yeux ! Et tu le connais aussi bien que moi, Celui-là qui ne t’a jamais quitté, Celui-là que tu oses fuir, toi, sous le prétexte facile d’être indigne désormais de Lui ! Tu n’as qu’une façon de Le remercier, dire, tout dire, ou du moins le tenter, de ta dernière supermésaventure, afin d’en dégoûter tous tes possibles imitateurs !
PHILIPPE - C’est plus simple encore que tu ne crois. Que puis-je faire d’autre désormais que me raconter ? Voudrais-je même m’arrêter que je ne le pourrais.
THOMAS - Enchaîné toujours, mais positivement cette fois... Au fait, enfin !

...